Une exposition par l’auteur du blogue Sociologie de la déviance
Au hasard des promenades, un nouveau blogue sociologique de découvert, avec un billet très intéressant intitulé La société de contrôle de demain est-elle déjà une attraction ? En le lisant, il m’a inspiré le commentaire suivant, laissé sur le blogue de l’auteur.
Ce billet a été découvert à partir de Blogpulse, en consultant le thème astrophysique. Bien sûr, les résultats de la requête ne comporteront probablement plus ce billet, car cette recherche dépend du moment où elle est effectuée. Blogpulse est un outil très intéressant à explorer !
Commentaire laissé dans le billet…
Votre article est très intéressant à double titre. Il nous oblige à établir une connexion entre la littérature spéculative, nommée trop communément science-fiction, et les faits sociaux de notre monde d’aujourd’hui, d’une part. Il nous confronte aussi à la dimension sociale du contrôle à travers des scénarios d’embarquement où un nombre limité d’Humains devrait cohabiter dans de longues missions, d’autre part.
En ce qui a trait à notre obligation de réfléchir, nous pouvons avoir ce privilège de nous appuyer sur partir d’oeuvres fondamentales, un héritage de grands penseurs que nous négligeons trop. 1984 de Orwell, la tétralogie 2001-3001 de Clarke ou le Grand livre des robots (Prélude et gloire de Trantor) de Asimov ou son Cycle de Fondation, menant à l”établissement d’un nouvel empire sont des œuvres phare. Force est de reconnaître que ces auteurs nous proposent des scénarios où il nous faudrait absolument revoir notre relation avec la technologie. Au lieu de les considérer uniquement comme des œuvres fictives, il est de notre devoir d’utiliser leur dimension spéculative comme de levier de réflexion pour établir les paramètres du monde de demain.
Que ce soit la surveillance sociale, émanant des technologies de contrôle – pensons au secteur biométrique, que ce soit encore notre relation à venir avec des automates intelligents – le cas de figure du «meurtre» de HAL est un bel exemple éthique, ou qu’il s’agisse de nous inspirer des lois de la robotique de Asimov afin d’éviter un dérapage potentiel – au Japon on commence à légiférer en ce sens, orientons-nous à partir de ces auteurs.
Impossible non plus de passer sous silence l’apothéose ultime du contrôle social, tel que présentée dans la Matrice, où les êtres humains vivent par procuration dans un monde virtuel via une interface neuronale.
La second point d’intérêt, relativement à la cohabitation d’Humains ayant différentes généalogies culturelles, pose en effet aussi un problème crucial et l’avenir des missions habitées, constituant des microsociétés évoluant sur des décennies lors de long périple, pourrait complètement bouleverser notre compréhension de la psyché humaine et de l’organisation sociale. Là encore, maints écueils nous guettent, nous pouvons nous entendre la dessus.
Finalement, impossible de passer sous silence votre exposition Mission Biospace. Le dossier est déjà téléchargé et sous examen. Comme le blogue univers zéro un tente d’explorer le thème de la cybernétique, dans une perspective élargie et débordant de la conception initiale de Norbert Wiener, il me fera plaisir de citer bientôt votre billet et votre exposition, une fois que j’en aurai assimilé le contenu.
Grand bien soit fait à votre blogue, que je découvre… il vient d’être ajouté dans le pavé droit du blogue, section <em>Univers parallèle</em> !
Enfin, pour vous donner un aperçu de la perspective du blogue qui est un peu mon journal de recherche personnelle, je vous invite particulièrement à visiter la série de billets Anthropologue recherche cybernéticien
Acceptez donc les modestes salutations d’un chercheur, sans papiers, toutefois !
Apostille 2006-07-01
Le sujet du contrôle sicual fait vraiment surface cette semaine. Deux nouvelles parutions dignes de mention.
- Big Brother takes a controling interest in chips, publié jeudi le 29 juin, dans The Guardian, est un commentaire à la fois sur un roman spéculatif de Vernor Vinge, Rainbows End, mais aussi une réflexion sur une nouvelle technologie d’Intel, Trusted Computing Platform en voie d’implantation dans les microprocesseurs d’Intel. Cette technologie pourrait bloquer le fonctionnement de toute application ne répondant pas aux normes de certification du groupe, décourageant ainsi toutes les initiatives de logiciel de type Open Source.
- En fouillant un peu pour trouver un peu plus de détails sur cette nouvelle plateforme technologique, on retrouve un bref essai pertinent de Richard Stallman, intitulé Pouvez-vous faire confiance à votre ordinateur ?, extrait d’un livre complet à ce sujet. On s’approche donc ici du monde réel, de ce qui peut vraiment nous toucher de près, même si le point de départ était placé dans les sphères éloignées de la fiction. Il semble d’ailleurs que nous ayons une tendance naturelle à vouloir rejeter les oeuvres de fictiion comme si elles nous projetaient à des années-lumières en avant alors que nous avons le nez collé sur la vitre. Cet auteur a d’ailleurs fait valoir son point de vue à la conférence 2006 Computers, Freedom and Privacy en mettant en relief comment le développement de nouvelles technologie et de lobbys et cartels pourraient nous mener dans une société encore soumise aux contrôle de plus en plus invasif, nettement plus que ce qu’avait prédit Orwell.
- Il est à propos d’ailleurs d’emprunter momentanément une perspective anthropologique devant ce risque de dérapage technologique. Ayant déjà présenté un billet sur la singularité technologique et le transhumanisme dans le blogue univers zéro un 101, je trouve particulièrement intéressante cette remaque de Stallman, citant l’auteur Ken MacLeod qui fait une remarque tout à fait outrecuidante sur la singularité :
Quand les êtres humains sentent qu’ils ne peuvent pas changer le futur, ils commencent à imaginer que peut-être des êtres surhumains le peuvent : dieux, anges, extra-terrestres – et maintenant intelligences artificielles (AI). L’idée de la Singularité est juste une version sophistiquée de cette… superstition antique, que l’Histoire humaine est ou sera bientôt faite par quelque chose d’autre et de meilleure que les êtres humains.
- Avouons que cette remarque laconique jette une douche froide sur le rêve de la singularité technologique, tel qu’exrpimé par Kurzeil et tout le clan transhumaniste. Cela nous place en effet devant le miroir mythologique du futur, car non seulement tentons nous de justifier nos existences par les fables et les mythes provenant du passé, mais sommes-nous aussi en train d’en créer de nouveaux pour le futur. Il est donc aussi important d’exercer un regard critique dans ce sens.
Enfin, une réponse au billet de Patrice Fernandez, cité dans le présent billet :
- Le blogue Internet Actu publie un billet intitulé La tentation d’Orwell, ou Big Brother décomplexé, qui reprend aussi la thématique orwellienne du contrôle social. Nous ne sommes pas près – ni prêts – d’oublier 1984 !
juin 29, 2006 at 6:13
Bonjour,
Je suis “tombé” sur votre blog a la suite de votre commentaire sur le post dont vous faites allusion.
Et je dois dire que je suis tres content de vous avoir trouvé.
Je suis entrain de parcourir votre blog et je me régal d’avance a lire vos articles, et biensur je l’ai deja mis en favoris.
Bonne continuation a vous.
Duncan.
juillet 1, 2006 at 1:44
Bonjour Duncan !
Comme vous pourrez le constater, ici c’est le LABO. Alors, vous y souhaitant bienvenue et espérant aussi que les thèmes traités dans le blogue principal sauront également capter votre attention.
Vos commentaires seront toujours bienvenus… à la revoyure, comme on dit en Québécois !
juillet 4, 2006 at 7:14
[...] Clodimedius dans son blog Labo univers zéro un souligne que “ la cohabitation d’Humains ayant différentes généalogies culturelles, pose en effet aussi un problème crucial et l’avenir des missions habitées, constituant des microsociétés évoluant sur des décennies lors de long périple, pourrait complètement bouleverser notre compréhension de la psyché humaine et de l’organisation sociale. ” [...]