CHANTIER DE LECTURE
Dossier pour la science
Les samedis pluvieux d’automne sont toujours un bon moment pour se promener chez les libraires ou flâner dans les bouquineries. Les publications de l’Hexagone arrivent toujours avec un peu de retard au Québec, mais elles finissent toujours par prendre preneur. D’autant plus que les actualités scientifiques ne disparaissent pas comme de petits pains chauds ! Au contraire et fort heureusement…
La version française de la revue Scientifc American offrait cet été un numéro intéressant sur la modélisation informatique, posant une question s’incrivant bien dans la série de billets «Calculons-nous mieux que l’Univers ?» : La simulation par ordinateur change-t-elle les sciences ?
Même si ce blogue est focalisé sur la cosmologie et l’astrophysique, l’élargissement de cette question aux autres disciplines scientifiques est tout à fait à propos. Une incursion dans d’autres champs de recherche où la carte n’est pas le territoire est d’autant plus intéressante, dans la mesure où elle permet un élargissement de perspective. La modélisation se retrouve utilisée de plus en plus fréquemment à travers maintes disciplines scientifiques, en plus d’alimenter l’Ordre du spectacle au cinéma et à la télévision.
On hésite parfois à acheter des magazines, tardant à ce point qu’on se retouvre devant le numéro suivant, mais cette fois-ci le choix s’est avéré tout à fait juste et contribuera à enrichir le contenu de ce blogue, éventuellement.
DU PAPIER AU NUMÉRIQUE
De l’imprimé au Web
Pour faire d’une pierre deux coups, comme par bonheur, le dossier Pour la science comporte une annonce pleine page nous incitant à visiter le site Interstices, créé par des chercheurs où les technologies de l’information et de la communication sont rendues librement accessibles à un large public. Inconu de ma part jusqu’à aujourd’hui, ce portail est très intéressant à consulter, d’autant plus qu’il reprend la quasi-totalité des articles regroupés dans le numéro du magazine présenté ci-haut. Bonne raison de l’ajouter aux signet et de suivre son évolution. Il est d’autant plus intéressant qu’il enrichit le patrimoine des écrits scientifiques en français sur le Web, qui sont parfois noyés à travers l’abondance presqu’infinie de littérature anglaise. Encourageons cette initiative.
L’artice de Jean-Paul Delahaye et François Rechenman, La simulation par ordinateur change-t-elle les sciences, aborde différentes facettes de la simulation dans une perpective épistémologique en revenant sur cette fameuse petite histoire inventée de toutes pièces par J.-L. Borges, dans son Histoire universelle de l’infamie / Histoire de l’éternité. Je vous laisse la surprise de la découvrir. Elle me rappelle ces souvenirs de banc d’école – où notre professeur d’épistémologie, érudit typiquement batesonnien, avait longuement épilogué sur la problématique de la représentation du territoire. Toutes les images de la cosmologie moderne nous ramènent directement à ce problème de carte / territoire, bien sûr !
Si le coeur vous en dit, et vous voulez aller un peu plus loin, pour plonger tête première dans la simulation informatique, un série d’articles sur la modélisation numérique des phénomènes physiques est susceptible de retenir votre attention.
Deux articles en particulier pourraient nous rapprocher des phénomènes cosmologiques et astrophysiques :
- Mieux prévoir les phénomènes météorologiques, où il est question du chaos et de l’harmonie, pour paraphraser la terminologie de Trinh Xuan Thuan. Sensibilité aux conditions initiales, symétrie et asymétrie dans les structures sont au rendez-vous.
- Turbulence piégée sur image, où il est question de fusion thermonucléaire et de Tokamaks. Pensons notamment à ITER, réacteur français avec lequel on désire démontrer la possibilité scientifique et technologique de la production d’énergie par la fusion des atomes. Il est à noter ce projet intéressant au point de vue théorique a donné lieu à un débat public, la gestion de l’énergie nucléaire demeurant toujours un sujet sensible.
Bref, ce sont de bonnes lectures préparatoires à un prochain billet de la série Calculons-nous mieux que l’Univers qui devrait paraitre sous peu, dans le blogue principal, avec la recension finale de l’essai de Pierre Lévy : La Machine Univers !






Voilà qui nous place bien loin de la navigation en triangle sur la mer, à l’époque de Christophe Colomb, avec sa Nina, sa Pinta et sa Santa-Maria, où ils utilisaient des astrolabes pour se repérer ! D’ici là, il y a d’autre observations en cours, sur un observatoire terrestre – le LIGO - et je publierai aussi une autre série de billet sur ce type d’observatoire, une fois que j’aurai mieux compris leur mode de fonctionnement ! Pour ajouter une notre complémentaire à notre difficulté de comprendres des phénomènes de variation de l’étendue de l’espace, rappelons que nous sommes continuellement face au défi de remodeler nos perceptions en sachant tenir compte de nos limites, notamment au niveau des échelles de grandeur.

