Les Humains expédient régulièrement des sondes dans l’espace, qu’elles soient satellisées autour de la Terre ou envoyées plus loin dans le système solaire, sinon à l’extérieur. Nous ne prenons pas toujours le temps de comprendre les objectifs et les visées scientifiques de ces missions ! Dans mon cas, je me laissé dépasser par ces événements, mon rythme de lecture effrené provoquant une accumulation incessante d’informations et provoquant un vif désir de les partager rapidement. Mais pourquoi partager une information si elle n’est pas intelligible, sans me soucier de bien la comprendre moi-même tout d’abord ? C’est lors de mes conversations avec mes proches que je le réalise, quand je dois expliquer mes dernières trouvailles. Ce partage devient inutile et n’ajoute pas grand chose si je ne fais que me transformer en perroquet, un de plus se joignant alors à la génération du couper coller !

À titre d’exemple, j’avais déjà illustré un billet Calculons-nous mieux que l’Univers avec le schéma ci-dessous qui avait de belles propriétés esthétiques; mais avouons… sans comprendre exactement ce qu’il représentait. Ajourd’hui, en revenant sur le site d’où provenait ce schéma, j’avais la ferme intention de résoudre cette incompréhension. Faute avouée à moitié pardonnée dit-on ! Je dois éviter dans le futur de me comporter ainsi si je désire que ce journal de recherche soit cohérent et utile pour ceux et celles qui y manifestent un certain intérêt, sinon j’aurai l’impression de parler à travers mon chapeau – on me l’a déjà reproché et j’en ai pris note.

Donc, à l’avenir, lorsque je vais rencontrer sur mon chemin une mission qui me semble importante, je vais tout d’abord lire en entier le site de la mission et en résumer l’essentiel, tout en ouvrant le chemin vers chaque site officiel de mission, que j’aurai lu auparavant pour mieux résumer. Cela pourra attiser la curiosité et ce sera sans doute plus intéressant.

Mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna)

J’ai eu dernièrement un discussion sur la nature des ondes gravitationnelles et sur la manière dont elles peuvent être détectées, autant sur la Terre que dans le Ciel. Il faut se rappeler que les trous noirs ou les étoiles à neutron massives en paire – en orbite autour d’un centre de gravité commun – seraient les sources principales d’ondes gravitationnelles qui, en principe, peuvent concourir à la distortion de l’espace selon les lois de la gravité. Mais quand nous sommes assis face à face avec quelqu’un dans un fauteuil il n’est pas facile de comprendre qu’il puisse y avoir effectivement des distortions de l’espac, si minimes soient-elles, parce que nous sommes habitués, à notre échelle, de parcourir des distances qui sont toujours égales. Vous n’imaginez pas que demain matin la bouche de métro sera un peu plus loin parce qu’il vient d’y avoir momentanément une distortion de l’espace, n’est-ce pas ? Admettons que la courbure de l’espace qui serait aussi conséquente à la force gravitationnelle – imaginez une boule déposée au centre d’un carré de tissus extensible pour vous figurer visuellement une courbure d’espace -  n’est pas facile à comprendre pour la plupart des gens.

Mais ne nous inquiétez pas, ce phénomène qui est un des pilliers de la théorie de la relativié est même difficile à détecter expérimentalement, en plus. La mission LISA, planifiée pour 2012, devrait justement permettre de raffiner notre compréhension de ce phénomène. En envoyant en orbite simultanément 3 sondes qui suivront une formation de vol en triangle équilatéral, à 5 millions de km. de distance entre chacune d’elles, nous devrions enfin disposer d’un système de triangulation assez sophistiqué pour détecter ces variations infimes de l’étendue de l’espace ! Ensemble, ces trois sondes se trouveront à former un interféromètre de type Michelson, la mesure continue de la distance qui les séparera consituera une forme de triangulation de l’espace. Toute variation infime de distance entre les trois pourra être perçue comme une distortion de l’espace, en fait.

Nina Pinta Santa MariaVoilà qui nous place bien loin de la navigation en triangle sur la mer, à l’époque de Christophe Colomb, avec sa Nina, sa Pinta et sa Santa-Maria, où ils utilisaient des astrolabes pour se repérer ! D’ici là, il y a d’autre observations en cours, sur un observatoire terrestre – le LIGO - et je publierai aussi une autre série de billet sur ce type d’observatoire, une fois que j’aurai mieux compris leur mode de fonctionnement ! Pour ajouter une notre complémentaire à notre difficulté de comprendres des phénomènes de variation de l’étendue de l’espace, rappelons que nous sommes continuellement face au défi de remodeler nos perceptions en sachant tenir compte de nos limites, notamment au niveau des échelles de grandeur.

Nos perceptions sont difficiles à changer, mais les sensations que nous pouvons éprouver sont un peu plus malléables. Je me souviens par exemple, il y a une dizaine d’années, comment je me sentais bizzarre le lendemain d’un séisme ayant eu lieu dans la ville de Québec. Même s’il n’avait duré que quelques secondes, en début de soirée, une panne de courant s’en suivit et je me rendis d’un pas bien incertain chez une amie demeurant à deux coins de rue. Je marchais sur le trottoir, mais mon pas n’était pas assuré, le mollet me semblait mou. Objectivement, rien n’avait changé dans le trottoir, il va de soi, mais la psychomotricité était altérée par cette peur soudaine. Cette exemple devrait illustrer la différence que je veux souligner entre la perception et la sensation.

Cette différence peut dont aussi nous affecter quand nous nous émerveillons devant les étoiles la nuit, nous oublions qu’elles sont une multitude de Soleils accrochés dans le ciel. Comme disait un ami, soleil de nuit, étoile de jour; car le jour, devant la lumière aveuglante du Soleil, nous oublions à l’inverse que c’est une étoile parmi la centaine de milliards en suspens dans la voie lactée. Comme quoi rien n’est dans la matière, tout est dans la manière… de percevoir !