1. Au pied de la lettre

Il vous arrive sans doute de recevoir des chaînes de lettres dont le contenu vous exaspère…

Pourtant, il y en a certaines qui sont parfois intéressantes, lorsque par exemple elles associent des objets célestes au monde de la transcendance. Dans ce cas-ci, une rédactrice perçoit donc dans cette représentation photographique d’une nébuleuse l’oeil de Dieu !

C’est un très bel exemple d’association d’esprit, comme un test de Rorschach effectué sur l’image d’un objet céleste… Cela peut aussi nous ramener à la dénomination des constellations, un autre type d’association qui a pris un sens différent selon les époques et les cultures.

La personne ayant initié cette chaîne de lettres était probablement bien intentionnée, vouant du bien aux autres. Quel magnifique exemple de notre fascination pour les objets célestes, même si notre compréhension de leur existence dépasse parfois l’entendement. Imaginez simplement que nous sommes suspendus dans plus de 100 milliards de galaxies, tournant nous même  dans un orbite de la Voie lactée, dont nous ne faisons le tour qu’une fois à tous les 250 millions d’années. Vertiges…

2. Les faits

En consultant la galerie d’images de Hubble, plus particulièrement la collection des nébuleuses, il a été possible de déterminer qu’il s’agissait de la gloire iridescente de la nébuleuse HELIX.

  • Cette nébuleuse est une des plus près de notre système solaire, cataloguée NGC-7293, à une distance qui pourrait varier de 85 à 650 années-lumière. Son anneau principal s’étendrait sur distance de 1,5 années-lumière et son anneau extérieur au double. Elle a été découverte aux alentours de 1824 par l’astronome Karl Ludwig Harding.
  • Elle est considérée comme un objet céleste assez facile à photographier. Cette nébuleuse en particulier semble très populaire sur le Web, à en croire une recherche effectuée sur le terme nébuleuse Helix – plus de 50 images – et Helix Nebula – près de 1 000 images.
  • Mentionnons que ce type d’images d’objets célestes est de plus en plus attrayant, leur qualité picturale résultant du fait que plusieurs photographies sont combinées numériquement pour donner une représentation plus précise, comme il est expliqué dans la page Iridescent Glory of Nearby Helix Nebula showcased on Astronomy Today du site Hubble. Et si par hasard cette image vous séduisait, il est possible d’en obtenir des versions pour votre fond d’écran.  Ayant depuis quelques mois ma galaxie favorite à l’écran, la M-51 – galaxie Whirlpool, je la troque pour cette nébuleuse !

3. Le mythe

  • Pour revenir à l’aspect mythologique, rappelons que beaucoup de mythes sont associés aux constellations. Une très belle planche de constellations, sur le site Astroturf, permet d’obtenir des informations à ce sujet. Et comme la nébuleuse Helix est dans la constellation du Verseau, on peut se référer alors au texte spécifique à cette constellation pour en savoir un peu plus.
  • Il n’y a pas d’information précise sur la raison pour laquelle l’astronome Harding lui aurait attribué ce nom, qui est en fait le terme anglais pour hélice, ce que suggérerait la forme de cet objet céleste.
  • Cependant, ce qui est à retenir, c’est que la découverte d’objets célestes peut parfois conduire à des bouleversements culturels et scientifiques importants. L’objet céleste qui mériterait le plus de retenir notre attention à ce titre est l’explosion d’une supernova, comme celle qui fut observée le 11 novembre 1572 par l’astronome Tycho Brahe, qui vit alors une nouvelle étoile apparaître dans la constellation Cassiopee.
  • Ce fut l’acte de naissance de l’astronomie moderne, une preuve outrecuidante que le ciel n’était pas fixé à jamais !

4. La nébuleuse imaginaire Phoenix

Greg Martins’s PhoenixPourquoi ne pas faire un petit clin d’oeil au merveilleux monde imaginaire ? La naissance d’une étoile a marqué l’histoire de l’astronomie à tout jamais, suite à la découverte de Tycho Brahé, rappelons-le !

Finissons donc avec la présentation d’une nébuleuse imaginaire, sortie de l’atelier de l’artiste Greg Martin : la nébuleuse Phoenix. Mais pourquoi Phoenix ? Y a-t-il à votre mémoire un événement céleste qui ait été aussi un fait marquant, annonçant une culture dont nous entrons maintenant dans le troisième millénaire ?

Pour vous aider, tout en demeurant dans le monde de l’imaginaire, ci-joint l’extrait final d’un rapport, rédigé suite à la visite d’un Jésuite astrophysicien près des reste d’une étoile morte, à trois mille années-lumière du Vatican. Parmi les ruines et les artéfacts archéologiques d’une planète qui gravitait autour, il nous livre sa réflexion philosophique suite à la découverte des traces d’une civilisation disparue…

« Avant d’atteindre cette nébuleuse sacrifiée, nous ne pouvions savoir quand l’explosion s’était produite. Nous le savons aujourd’hui, par l’observation astronomique directe et par l’analyse des roches. Je sais aussi à quelle date exacte la lumière de cette catastrophe a brillé durant quelques heures sur la Terre; à quelle date la flamme de cette supernova a illuminé le ciel d’aube d’un pays d’Orient. Aucun doute n’est possible. L’ancien mystère est résolu, hélas ! Vous auriez pu utiliser tant d’autres feux, mon Dieu, pour alerter les mages !

Mon Dieu, pourquoi avez-vous jeté ces peuples beaux dans la fournaise ardente, afin que l’éclat de leur fin brille au-dessus de Bethléem ? »

ARTHUR C. CLARKE
Un jésuite dans l’étoile
PLANÈTE, 13, Novembre / décembre 1963,  115.

Voilà où peut mener l’imagination d’un auteur prolifique comme Arthur C. Clarke, pour proposer une interprétation originale d’un événement cosmique s’inscrivant dans les fondements de notre civilisation. Mais qui peut parler sérieusement de cette fameuse étoile de Bethléem ? Nous sommes ici entre les frontières du mythe et de la science, entre celles du sacré et du profane, pour paraphraser Mircea Eliade. Nous ne nous étonnons plus désormais de la fascination des Humains pour la profondeur des immensités cosmiques, la science moderne nous en offrant plein la vue.

On peut imaginer facilement que pullulent maintes théories sur l’étoile de Bethléem, sans qu’il y en ait vraiment de crédible. N’est-ce pas le charme nébuleux des mythes fondateurs, de ces légendes intemporelles qui sont un monde parallèle au récits et théories de la science ?

Pourquoi simplement ne pas nous étonner des deux ?

Niveau 201 – Bibliothèque de signets à suivre

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